FAQ « steampunk » par Cherie Priest, auteur de Boneshaker

Submergée de questions se rapportant au steampunk, Cherie Priest proposait il y a quelque temps sa propre FAQ sur le sujet. En voici la traduction…

Cherie Priest

Qu’est-ce que le Steampunk ? En une cinquantaine de mots.
Le steampunk est un style (livres, vêtements, jeux vidéo, films, etc.) qui puise son inspiration dans les vieilles histoires de S.-F. Par « vieilles » j’entends Jules Verne, H. G. Wells, Mary Shelley et leurs confrères. Le steampunk est généralement (mais pas toujours exclusivement) lié à un univers où la vapeur est la forme dominante de technologie avancée, ou semble l’être. (Oups, ça fait plus de cinquante mots. Mais pas beaucoup plus.)

D’accord, mais pourquoi ?
Parce que c’est amusant. C’est également une opposition à l’école de design qui stipule que toute forme de technologie doit apparaître sans relief, étincelante et impénétrable. C’est le refus de la culture de consommation et de gâchis ; un rejet des livres d’histoire qui ne content que des récits d’hommes morts, riches et blancs. C’est la manifestation du désir d’une technologie accessible, facile à réparer et à maintenir en état. C’est pratique, créatif et beau.

Alors le « steampunk » traite de personnages victoriens armés de rayons laser ? Parce que ça ressemble un peu à ça.
Parfois, mais pas uniquement. Certes, le steampunk a des racines profondément enfouies dans le 19e siècle ; mais il y a de la place pour qu’il étende ses jambes. Certaines personnes intègrent la vapeur à la technologie de la Seconde Guerre mondiale (voyez Boilerplate: History’s Mechanical Marvel par Paul Guinan et Anina Bennett), ou se laissent influencer plus avant par l’esthétique steampunk dans leurs œuvres (comme le Hellboy de Mike Mignola). L’esthétique « aviateur » est également très populaire dans ce genre, mais les premiers jours de l’aviation font partie intégrante de la période 1900-1940.
Il existe de nombreux « mondes secondaires » steampunk qui dépeignent des lieux très semblables à notre 19e siècle sans être totalement semblable à notre planète Terre (le « monde primaire »).
J’ai également vu d’autres personnes repousser l’époque d’un siècle ou deux. Leurs récits ou costumes (reflétant une période où la vapeur n’était pas une technologie commune) sont alors souvent qualifiés de « clockpunk » (N.d.T. : un terme qui remplace la « vapeur » par « l’horlogerie » et sa mécanique).

Clockpunk ? Il y a d’autres punks dont nous devrions être avisés ?
Eh bien, je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de tout catégoriser, mais si vous y tenez vous avez le stitchpunk, le dieselpunk, le gaslightpunk, le steamgoth et bien d’autres variantes. Mais je pense sérieusement que tout cela tombe dans l’escarcelle du steampunk.
Pour faire une comparaison facile, je vous parlerai des romans à l’eau de rose. Vous pouvez lire des romans à l’eau de rose historiques, contemporains, anachroniques, paranormaux et de bien d’autres genres (et croyez-moi, j’en connais un rayon, ayant travaillé dans une gigantesque librairie de livres d’occasion). Mais, quoi qu’il en soit, ce sont toujours des romans à l’eau de rose et vous les reconnaissez entre mille.

D’où vient le terme « steampunk » ? Je ne l’ai jamais entendu auparavant et maintenant je l’entends partout.
En fait, ce mot est présent depuis un bon moment. On admet qu’il est apparu pour la première fois dans une lettre envoyée au magazine Locus en 1987 (N.d.T. : Locus est un célèbre magazine américain dédié à la science-fiction et à la fantasy). Son auteur, K. W. Jeter, recherchait un terme général pour définir son œuvre (ainsi que celle de certains de ses contemporains) située dans le 19e siècle, ou un monde proche de notre 19e siècle, avec une technologie à la fois étrange et merveilleuse.
Il a alors dit : « À titre personnel, je pense que les récits imaginaires victoriens vont avoir un important succès dans les années à venir si nous pouvons convenir d’un terme collectif pour Powers, Blaylock et moi-même. Quelque chose basé sur la technologie appropriée de cette ère ; comme « steampunk » peut-être… »
L’usage qu’il en fit à ce moment était calqué sur le terme « cyberpunk », un genre alors récent et populaire, rempli de hackers, de technologies basées sur la réalité virtuelle ainsi que de fréquentes prédictions d’un avenir tout sauf utopique.

Boneshaker

Alors, qu’est-ce que les gens « steampunk »… heu… font ?
La plupart des « steampunks » passent du bon temps en créant des bijoux, en essayant des corsets et des cravates, en construisant des robots, en transformant des pistolets à eau en pistolets à rayon laser, en écrivant des récits rétro-futuristes, en profitant de grands rassemblements, en se photographiant les uns les autres, et en faisant tant d’autres choses merveilleusement amusantes et ingénieuses.
Mais nous avons également des boulots et des familles, nous changeons des litières, respectons des dates de rendu, allons faire nos courses, passons l’aspirateur sous le canapé, mangeons des gâteaux, lisons des livres, hydratons notre peau, et faisons tout ce qu’un chacun fait tout le temps.
C’est comme ça que nous fonctionnons.

Je dois savoir : pourquoi des lunettes de motocycliste ?
Ces lunettes sont un raccourci vestimentaire signifiant ACTION, AVENTURE, ACTIVITÉ et bien d’autres mots qui ne commencent pas par un « A » mais se doivent d’apparaître en majuscules. Ils impliquent le mouvement et peut-être quelque action dangereuse ; ce qui signifie que si l’on vous surprend avec, c’est que vous avez été interrompu en pleine action trépidante.
À côté de ça, elles sont cool.

Pouvez-vous nommer ou recommander des trucs steampunk ?
Bien sûr. Nombreux sont ceux qui pensent que Gibson et Sterling avec La Machine à Différences méritent d’être cités en premier, et ils ont parfaitement raison. Et en plus des susmentionnés Boilerplate et Hellboy, jetez un œil aux œuvres de Tim Powers, James Blaylock, Michael Moorcock et K. W. Jeter ; ou aux ouvrages plus récents de Jay Lake, Ken Scholes, Ekaterina Sedia, China Miéville, George Mann et Stephen Hunt. Consultez les œuvres de Jess Nevins (ses annotations sur La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, son Encyclopedia of Fantastic Victoriana pour les néophytes). Et procurez-vous les romans graphiques de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (mais, pour l’amour de Dieu, évitez le film), consultez les récits de « weird west » de Joe Lansdale, les anthologies de Ann et Jeff VanderMeer et la BD en ligne Girl Genius (www.girlgeniusonline.com).
Regardez les vieux épisodes des Mystères de l’Ouest, baissez le son et regardez le film de 1999 avec Will Smith et Kevin Kline. Voyez Steamboy, Le Château Ambulant, La Cité des Enfants Perdus. Jouez aux jeux vidéo Arcanum, Final Fantasy VI et Bioshock. Écoutez Abney Park et Rasputina, la radio Clockwork Cabaret (en Caroline du Nord), et jouez au jeu de rôle Unhallowed Metropolis.
Ou pas. Baladez-vous peut-être tout simplement sur le web afin de voir s’il y a un groupe ou club steampunk près de chez vous, et allez à leur rencontre. Allez sur des forums tels que Steamfashion ou Brass Goggles forums (en anglais). Posez des questions autour de vous. Les steampunks sont bien visibles et ont tendance à être très accueillants, heureux d’initier de nouveaux venus.

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