Entretien avec Oliver Peru, auteur de Druide (2e partie)

DruideBonjour Oliver. Druide vient à peine de paraître et les premières critiques sont unanimes et enthousiastes. Comment vivez-vous cette entrée réussie dans le domaine de la littérature de fantasy ?
J’en saute de joie ! Vraiment ! Je suis habitué à sortir des BD, pas du tout des romans, j’étais donc un petit peu angoissé. Par effet de contraste, je suis donc encore plus content quand je découvre des chroniques positives sur le livre. Pourvu que ça dure. J’en profite pour adresser un grand merci à ces lecteurs qui s’expriment pour parler des romans qu’ils aiment. Cet engouement me donne maintenant envie de travailler encore plus, je suis déjà à la tâche sur des tas de nouveaux projets dont je reviendrai bientôt parler ici.

Certains n’ont pas hésité à comparer les scènes épiques de Druide à celles que l’on peut trouver dans l’œuvre de David Gemmell. C’est une très belle comparaison, non ?
Je suis très très très flatté de la comparaison ! C’était un sacré monsieur. Je n’ai lu de lui que son cycle de Troie et j’avais été enthousiasmé par son écriture, sa créativité, ses personnages hauts en couleur et captivé par ses scènes d’action. Si j’arrive à donner à mes lecteurs autant de plaisir que lui m’en a offert, j’en serais comblé.

De nombreux lecteurs ont remarqué que vous aviez une sorte de fascination pour la forêt, qui se ressent bien sûr dans Druide, mais également dans Les Haut-Conteurs, publié chez Scrinéo. Qu’en est-il ?
Je suis un amoureux de nature, de vie sauvage et de grands espaces. La forêt et l’océan sont pour moi deux territoires de liberté totale. Sans passer pour un mysticodingo qui parle philosophie avec les poissons ou les champignons, j’avoue que si on me laisse seul face aux vagues ou entre quelques arbres, mon cerveau se déconnecte et je commence très vite à me raconter des histoires fantastiques. Bien que j’aime aussi les grandes villes, j’imagine que malgré le vernis civilisé, je dois être quelqu’un de finalement assez primaire. Un ciel pluvieux au-dessus de ma tête, quelques arbres dans les yeux et le ressac de l’océan dans les oreilles suffisent à mon bonheur.

Votre style est très visuel et on imagine sans mal une adaptation cinématographique. En tant qu’auteur, quels acteurs verriez-vous dans les rôles d’Obrigan, Jarekson et Yllias, par exemple ?
Pour Obrigan : Michael Massee (pendant quasiment toute l’écriture du bouquin, j’ai pensé à lui, incarnant Obrigan dans mon imagination). Pour Yllias, je verrais bien Charlie Hunnam et pour Jarekson, un jeune acteur qu’il faudrait peut-être un peu vieillir pour l’occasion : Taylor Kitsch.
Si jamais un producteur lit ces lignes, qu’il le sache, je lui donne tous les droits du roman pour qu’il en fasse un film. Je rêve de voir adapté au ciné. Un autre de mes romans (Les Haut-Conteurs) vient d’être optionné par une grosse boîte de production, peut-être que ça aidera Druide à suivre le même chemin.

L’univers de Druide se caractérise par une absence totale de manichéisme, ce qui devient rare dans le domaine de la fantasy grand public. Est-ce dû à un ras-le-bol de l’habituel combat du bien contre le mal, de la lumière contre les ténèbres, que l’on retrouve à longueur de temps ? Ne craignez-vous pas que Druide devienne du coup moins « accessible » au grand public ?
Je ne me suis pas du tout posé la question du chemin de Druide vers son public. Je crois qu’un bon livre finit toujours par le trouver. Après, ce public sera-t-il grand ? Je l’espère de tout mon cœur. J’ai simplement écrit une histoire que j’aurais aimé lire, pourvu qu’elle fasse rêver le plus de gens possible. Quant à l’écueil du combat du bien contre le mal, c’est un sujet rabattu par presque toutes les histoires, d’une façon ou d’une autre. Pour ma part, je l’ai traité selon mes goûts et mes opinions. Même dans les univers créés de toutes pièces, j’aime les personnages réalistes et pragmatiques. Ils sont plus attachants et émouvants que les chevaliers tout de blanc vêtus ou les méchants dont la vilenie n’est que le prétexte aux aventures des héros. Je pense que n’importe quel personnage doit être capable de bonté comme de méchanceté, capable de se surprendre lui-même pour mieux surprendre le lecteur. Je crois fermement que le pire des salauds peut toujours tenter de se racheter et le plus droit des hommes faillit un jour ou l’autre. C’est entre les demi-teintes et les nuances que j’aime voir de beaux éclats d’humanité.

Druide est inclassable, c’est à la fois un roman d’aventure, un roman de fantasy, un roman d’horreur, un thriller et un polar. Si vous ne deviez retenir qu’un genre pour le qualifier, lequel serait-ce et pourquoi ?
Impossible pour moi de répondre… Je crois que j’aime trop le mélange des genres et les surprises que cela génère. Mais si je devais n’en retenir que deux, je dirais que Druide est entre le polar et la fantasy.

Druide semble bien parti pour figurer parmi les différents prix venant récompenser chaque année les meilleurs romans de l’imaginaire. Pour un premier roman, ce serait exceptionnel, et peut-être la preuve que l’Hexagone dispose d’excellents auteurs de genre qui ne demandent qu’à être publiés. Qu’en pensez-vous ?
Pour les excellents auteurs français, je suis tout à fait d’accord. Une de mes dernières bonnes surprises de lecture a été le Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski. Il est fort le monsieur !
Quant à la question des prix, je suis très flatté qu’on pense déjà à Druide, mais le chemin est long. Et puis, je crois que je n’ai jamais rien gagné de toute ma vie… pas même un concours de dessin (et pourtant j’en ai fait quand j’étais petit). Alors, j’ai du mal à me dire que ça pourrait commencer maintenant😉

Merci Oliver.
Merci Blog.

> Le blog de l’auteur : http://www.oliverperu.com

Cet article, publié dans Auteurs, Fantasy, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Entretien avec Oliver Peru, auteur de Druide (2e partie)

  1. Phooka dit :

    Merci beaucoup pour cette interview « quelques jours plus tard.. ».
    C’est très intéressant et ça répond à quelques unes de mes questions (soulevées dans ma chronique).
    C’est vraiment très agréable et encore merci pour ce blog!

  2. Dup dit :

    Charmée par Les Hauts-Conteurs, conquise par la chronique de ma co-blogueuse, et maintenant par cette interview, il ne me reste qu’à trouver le temps pour le lire. L’objet en lui-même est magnifique !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s